J'ai déjà un compte
Je crée mon compte
Panier  
LIRE LA BIBLE
SPIRITUALITE
QUESTIONS CONTEMPORAINES
PROTESTANTISME
HISTOIRE DE L'EGLISE ET DU PROTESTANTISME
JEAN CALVIN
CULTE ET LITURGIE
CHANTS ET MUSIQUE
TRANSMISSION DE LA FOI, CATECHESE
JEUNESSE
EDITIONS OUVERTURE
REVUE INFORMATION EVANGELISATION
FONDS ANCIEN SOLDE
Actualités
Nouveautés
Dossiers thématiques
Le coin des auteurs
Les éditions Olivetan
BP 4464
69241 LYON CEDEX 04
Tél. : 04 72 00 08 54
Fax : 04 72 00 02 74
E- mail :
contact@editions-olivetan.com
Editions Olivetan - Actualités
 

Le retour du religieux dans la sphère publique
par Jean-Paul Willaime

11/12/2008
 

Recension du pasteur Michel Leplay

 

Dans la précieuse collection engagée, dite « Convictions et société », les éditions Olivétan nous offrent en primeur un petit exposé savant et abordable de Jean-Paul Willaime. Le directeur d’études de l’E.P.H.E. dirige également l’Institut Européen en Sciences des Religions : il nous fait bénéficier, sans les complications de l’expertise mais avec un bel esprit de synthèse, de l’état de la question religieuse, aujourd’hui, en Europe puis particulièrement en France.


La thèse initiale est celle du dépassement de la modernité sécularisée par l’ultramodernité religieuse. Nous sommes entrés dans « un nouvel âge de la modernité », celui du « désenchantement des désenchanteurs », et nous mettons en œuvre une pratique non seulement pacifique mais encore bénéfique de la coexistence entre le religieux et le politique : aucun des deux partenaires ne domine l’autre, dans un besoin réciproque de liberté pour la religion et de légitimité pour la politique. La sortie annoncée de la religion est suivie d’un sursaut des religieux et maintenant d’un suintement de la religiosité. Des climats ont remplacé les clivages. Et si « la religion est revenue en force dans le débat social », c’est pour contribuer au bien commun par l’apport de « ressources convictionnelles ». Dit en d’autres termes, c’est la fin de la « christianitude » née de la chrétienté et le début d’une « christianie » - comme la nomme Raimon Panikkar – renée du christianisme. Une spiritualité douce et lucide succèderait aux impérialismes institutionnels des morales ecclésiastiques. Et les communautés chrétiennes ne sont plus « les niches convictionnelles » dans lesquelles les chiens du Seigneur rongent l’os éternel d’une certaine incertitude, mais constituent des sources de cris et d’écrits pour interpeller et mettre en perspective les problèmes sociaux majeurs de notre temps.

Concernant la laïcité européenne dans son ensemble, Willaime l’analyse comme ayant favorisé entre les partenaires politiques et religieux de la vie sociale tant la reconnaissance mutuelle des responsabilités respectives que le dialogue constructif entre les points de vue : « la laïcité est le bien commun des athées et des croyants ». Certes, rien n’est gagné, et la question du pluralisme dynamique est confrontée aux dérives sectaires et aux repliements identitaires toujours possibles, dans toutes les religions.

Mais c’est en France, troisième partie de l’exposé, que la situation semble le moins irénique ! Willaime rappelle d’abord les discours récents du président Sarkozy au Latran puis à Ryad. Devant les catholiques puis pour les Musulmans.
Après un rappel de la proposition présidentielle d’une « laïcité positive », notre sociologue entre en dialogue avec son collègue et ami Jean Baubérot. Ce dernier a en effet une vision moins optimiste de l’évolution du rapport entre les religions et les pouvoirs. S’engage entre les deux sociologues, protestants l’un et l’autre… un débat sévère, non pas sur les deux natures du Christ comme au Concile de Nicée (325), mais tout aussi sérieux sur celles, politique et/ou sociale de la religion civile. Willaime est confiant dans une post modernité de reconnaissance et de dialogue, Baubérot reste méfiant au nom de l’anticléricalisme et de son contraire toujours aux aguets. Dans une nouvelle Europe culturellement adulte l’ancienne France se souvient de son adolescence tumultueuse des années 1905… Or, dit Willaime, « il ne faut pas se tromper d’époque, l’Europe est plus mûre que la France en ce qui concerne la concertation entre religions et puissance publique ». Nous avons un rapport difficile avec notre histoire religieuse et Willaime souligne à juste titre que le président de la République « officialise le passage d’une neutralité de défiance à une neutralité de confiance ».

Mais nous sommes en route, sur la bonne voie sans doute, sans que rien ne soit à jamais acquis. La sagesse de l’observateur ne doit pas se passer de la vigilance du guetteur, même si nous sommes bien partis « vers une laïcité de reconnaissance et de dialogue. »

Michel LEPLAY 31 octobre 2008

Pour voir la fiche de présentation du livre :

http://www.editions-olivetan.com/detailcat-1326000349-1326000222-1.html

 
 
 

Accueil
   |   Mentions légales   |   CGV   |   Plan du site   |   Téléchargement du catalogue   |   Contacts   |   FAQ