Saveurs d'évangile
Pont Maurice

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    Saveurs d'évangile

    Saveurs d'évangile

    Petits récits vrais, plein d'humour, d'étonnement, de compassion, de tristesse qui sentent la garrigue, et laissent apparaître les traces et la saveur de l'Evangile.

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Petits récits vrais, plein d'humour, d'étonnement, de compassion, de tristesse qui sentent la garrigue, et laissent apparaître les traces et la saveur de l'Evangile.

ISBN : 9782902916467

Parution : 24/02/1999

Edition : REVEIL PUBLICATIONS

Présentation : broché

Poids : 200 grammes

Nb. de pages : 64

Livre neuf

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Livre d'occasion

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L’idée m'est venue un jour de raconter de petits événements, des réflexions entendues, des conversations qui avaient laissé des traces dans ma pensée. Ainsi naquirent Piado et ses histoires... C'est en ces termes qu'en juillet 1996 Maurice Pont, alias Piado, signe son dernier billet dans Echanges, journal de l'Eglise réformée en Provence Côte-d'Azur-Corse... En Provençal, oun piado est une trace. La trace d'un pied sur le sol.Entre genêts et romarin, Piado sait faire parler des empreintes encore fraîches dans le sol meuble des chemins. Elles parlent vrai, ces miettes de vie quotidienne accrochées aux chaussures. Elle sent bon, cette théologie des garrigues d'où jaillit l'humour comme un lièvre du fond d'un champ... Et toujours, chemin faisant, aux détours d'une conversa­tion, une silhouette semble nous rejoindre furtivement, un autre compagnon de route : Dieu lui-même dans toute sa tendresse. C'est bien vers lui que convergent toutes les piado de ces pages.Depuis janvier 1982 et pendant 14 ans, nos lecteurs avaient pris l'habitude d'un rendez-vous mensuel. Et puis Piado a posé sa plume. Dans le choix de textes publiés ici sur la suggestion de lecteurs, ils seront heureux de retrouver ses traces... les autres prendront plaisir aussi à les déchiffrer.Joël Baumann Pages supplémentaires : Deux récits : Texte un Quelqu'un dira merci J'attendais dans ma voiture l'heure d'un rendez-vous. La rue était déserte.A ma gauche le bâtiment administratif où j'avais à faire, à ma droite l'arrière d'une station d'essence, et au-delà une route bruyante. Un homme âgé passa près de moi, salua, s'arrêta."" Vous avez le temps ?"" demanda-t-il.- Le temps de quoi ?- Le temps d'attendre, ou de penser à des choses. Ça sert, le temps. Moi, maintenant, j'ai du temps pour me rappeler. Tenez, ici, c'était le plus beau champ de mon grand-père, avec des amandiers. En y arrivant, il disait : ""Mon Dieu, je te remercie... ""Vous Monsieur, vous devez être catholique, à l'époque vous disiez vous à Dieu, mais nous les protestants nous l'avons toujours tutoyé. Alors il disait ""Je te remercie pour ce champ où je travaille, et pour la beauté du monde, surtout celle des fleurs d'amandier. Garde-nous longtemps tout cela"". Et vous voyez ce que c'est devenu ! Inhumain !Qu'est-ce que Dieu a fait ? Il y a trop de gens sur terre, et il leur faut des routes, des autos, des bureaux... Un monde si encombré, ça salit les paysages et les cœurs. On a peur pour demain... Je n'osais pas l'interrompre, signaler que j'étais protestant aussi. J'écoutais.Ses yeux fatigués de vieillard larmoyaient un peu. Ou bien son cœur pleurait-il ? D'un geste vif il a posé la main sur ma portière.- Et quand même si un enfant vient au monde, quelle joie on a ! On remercie Dieu. Sans calculer que ça fait un de plus sur la terre et que le monde risque d'être pire pour lui que pour nous.- En tout cas, quand il sera grand la vie sera différente. Et dans 100 ou 200 ans qui sait ce qu'il y aura ici à la place des pompes à essence ? Il claqua la main sur mon capot, regarda autour de lui, plissa les yeux et se reprit à penser tout haut.- Mais peut-être que comme mon grand-père quelqu'un aimera ce qu'il y aura ici et dira merci. Nous serions bien étonnés, je crois, si nous savions ce qui fera plaisir plus tard. Alors au lieu de trembler pour le monde qui vient, il faudrait demander à Dieu que même si la terre devient laide et folle on y trouve toujours des gens qui aient des raisons, et l'envie, de le remercier. Quand on a cette envie, c'est qu'on a du cœur pour voir les choses et c'est qu'on est planté bien droit dans la vie. Pardonnez-moi, Monsieur, j'ai pris votre temps. Mais en parlant des idées nouvelles me sont venues. J'en dis merci. Peut-être à nous revoir ?Il est parti. Nous ne nous sommes jamais revus. Mais pour cette rencontre, j'ai remercié celui que mon bonhomme était fier de tutoyer. Je lui ai même dit merci plus souvent qu'auparavant. Texte deux : Jamais le dimanche Mon ami Cadareau tirait de sa foi chrétienne un humour ravageur. Il désarçonnait ses interlocuteurs par une manière qu’il avait de mettre les choses et les gens - y compris lui-même - à leur juste place. Il tenait un garage. Comme il était un mécanicien sensationnel, il avait un travail fou ; mais si grande fût la presse, jamais il ne mettait les pieds dans son atelier le dimanche ; vous me direz que c’est normal, il faut bien se reposer un peu. Laissez-moi pourtant vous raconter ce que l’ami Cadareau voyait de spécial dans le dimanche. En rentrant de l’église, un de ces jours où il fermait boutique, il trouva devant chez lui une auto, et un homme qui tambourinait sur le rideau métallique. Cadareau se présenta, questionna… Vous le devinez, il s’agissait d’une panne de voiture. C’était même une panne sérieuse. Vous devinez aussi que notre garagiste expliqua qu’il ne travaillait jamais le dimanche. L’automobiliste fit tant et si bien, il fut si convaincant en démontrant qu’il devait reprendre la route au plus vite, que Cadareau ouvrit son atelier, passa une salopette et plongea dans le moteur. Il mit trois heures à réparer. Quand ce fut fini et que l’automobiliste tira son portefeuille, Cadareau commença à bien s’amuser. « Laissez, dit-il ; vous ne me devez rien ».- Mais comment… Voilà trois heures que vous travaillez ! et dimanche encore !  - Hé ! Justement ! Comme vous le dites, c’est dimanche, et moi je ne travaille jamais le dimanche ! Il ne put se retenir d’ajouter, goguenard : « Si vous étiez venu demain, un boulot comme celui que vous m’avez fait faire, ça vous aurait coûté cher, c’est sûr. Mais c’est dimanche… ça me fait plaisir de vous rendre service ! Bonne route monsieur ! » L’homme ne s’en allait pas. - Quelque chose qui ne va pas ?- Oui… Non… Enfin, je ne comprends pas.- C’est pourtant simple. Le dimanche n’est pas mon jour de travail. C’est le jour du Seigneur. - Et alors ? - Et alors, vous trouvez que c’est trop, un jour par semaine, pour montrer que je fais confiance à dieu, et que ma vie n’est pas d’accumuler des sous ? Le dimanche, je veux bien donner un coup de main si ça rend service. Mais travailler pour moi, en gagnant de l’argent… pas question ! Vous aimeriez mieux que je mène une vie de machine à sous ? Et Cadareau s’en alla retirer sa salopette et fermer son garage, en riant sous sa grosse moustache. " "Né à Nîmes en 1919. Pasteur à Saint-Palais-sur-Mer puis à Conakry et à Nouméa. En 1966, chargé à la Société des Missions du service des ""Coopérants"", puis en 1970 Directeur. En 1971 il devient Secrétaire général du Défap, service commun de l'action missionnaire des Eglises protestantes françaises. En 1981, il répond à un appel qui le fait pasteur à Cannes et responsable du journal Echanges. Retraité en 1985, il assure quelques années encore la direction du journal et y publie ainsi que dans Mission des chroniques mensuelles.Au cours des années, de multiples voyages et ren­contres ont conforté sa méfiance à l'égard des idées reçues et des formules stéréotypées. A 80 ans il s'interroge encore sur le discours des chrétiens : comment employer les mots humains pour que passe à travers eux la parole du Dieu tout autre ?

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